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Extrait d'interview du groupe réalisé en 1966 pour la Canadian Broadcasting Company et radiodiffusé en 1979 par la BBC.
Interviewer : Dans
une atmosphère frénétique de sons et de visions une nouvelle
conception musicale à commencer à faire son chemin à travers
les partisans du "beat". Certains la définissent comme "son
libre", d'autres préfèrent la considérer comme faisant
partie de la mode psychédélique qui s'est propagé en occident.
Cette nouvelle conception musicale est celle des Pink Floyd, un groupe de quatre
jeunes musiciens, jouant dans un lieu aux lumières sadiquement projeté
pour détruire les nerfs les plus solides. Les Pink Floyd qui sont nouveaux
sur la scène londonienne ont stupéfait le public présent
à chaque fois, dans "la cathédrale" de l'Albert Hall
et au cours de leurs tournées en Angleterre. Sur le point de commencer
l'enregistrement de leur premier disque, les Pink Floyd eux même sont
probablement les plus qualifiés pour nous éclairer sur ce dont
il s'agit …
Syd : Nous n'avons pas commencé avec l'idée d'obtenir quelque chose de neuf en particuliers …
Nick : C'est arrivé simplement, au début nous jouions essentiellement du rythm and blues.
Syd : Parfois nous nous sommes un peu laissés aller et nous avons commencer à frapper sur la guitare un peu plus fort sans plus se préoccuper tellement des accords …
Roger : Ce qui était à moitié une espèce de rock académique de troisième catégorie est devenu, tu vois, une sorte de procédé intuitif.
Nick : C'est une manière libre en termes de construction musicale, c'est presque comme le jazz dans lequel on part d'un riff pour se lancer dans des improvisations, jusqu'à …
Roger : A la différence du jazz où si tu es en train d'improviser tu dois maintenir la même mesure initiale même au refrain et au solo, nous, nous pouvons commencer à jouer trois refrain à dix-sept mesures et demi et puis recommencer, s'arrêtant un certain moment après 423 mesures ou quatre.
Syd : Ce n'est pas vraiment comme le jazz.
Nick : Nous ne voulons pas être des pop stars, nous ne voulons pas être des musiciens de jazz!
Syd : Oui, oui exactement, je veux dire que nous, nous jouons pour faire danser les gens. Il ne me semble pas qu'ils dansent beaucoup maintenant … L'idée initiale était de stimuler la danse, parce que nous jouions très fort, utilisant des guitares électriques …Je veux dire de telle sorte que nous utilisions toute la puissance sonore et les effets que nous réussissons à obtenir.
Nick : Maintenant en fait, nous sommes en train de chercher à développer ce discours en utilisant les lumières.
Syd : Oui, bien sûr.
Roger : A propos du jazz, tu vois, nous, nous ne croyons pas être de grands musiciens. Nous ne nous considérons pas ainsi, tu sais "légende des nuits" et choses de ce genre …
Int. : Combien compte pour vous l'aspect visuel de votre production ?
Ensemble : C'est très, très important !
Syd : C'est une espèce de révélation d'avoir une personne qui s'occupe des lumières pendant que nous jouons, comme si c'était un "stimulant" direct à ce que nous sommes en train de faire. C'est un peu comme la réaction du public, même si c'est à un niveau plus élevé. Tu vois tu peux répondre aux stimuli et les lumières feront de même à leur tour..
Nick : Il y a plusieurs
types de lumières, celles clignotantes qui sont réglées
depuis un panneau de contrôle, de telle sorte de pouvoir fonctionner en
rythme, et puis il y a des lumières avec des effets colorés ou
comme des voiles de nuages …avec des sortes de liquides de façon à
pouvoir obtenir quelques mouvements …
Ou bien, elles pourraient être réellement filmées, avec
un plan fixe qui ne peut pas être modifié par l'opérateur
…
Int. : Que se passe-t-il durant votre concert, qu'arrive-t-il à votre public ? Quelles sont les sensations que vous éprouvez ?
Roger : Ben, nous ressentons beaucoup d'émotions quand nous jouons bien, le public le ressent avec nous.
Int. : Danse-t-il ?
Nick : C'est possible, cela dépend de ce que nous sommes en train de jouer et de ce qui est en train d'arriver.
Syd : Oui, même si rarement ils se mettent à danser dès le début en réponse au rythme, en général le public reste tranquille jusqu'à ce qu'une espèce d'hystérie le gagne.
Nick : Oui, la danse prend alors l'aspect d'une frénésie, ce qui est très beau.
Roger : Ils ne restent pas tous groupés, immobiles … Le public reste là immobile, jusqu'à ce qu'une ou deux personnes deviennent "fous" de façon totalement improvisée, courant en avant, sautant de haut en bas.
Syd : (en riant) Oui, c'est vrai !
Nick : "se balancer" est probablement l'expression juste.
Roger : Ceci est vraiment de la danse …
S.o.F. © 2000