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Interview
David Gilmour, Festival d'Aachen (All.)
12-07-1970
Le Pink Floyd clôturait en vedette le festival de Aachen le 12 juillet 1970. Une musique bouleversante, étourdissante, et toujours belle! Le torse nu, affalé sur l’herbe et profitant au maximum de ce soleil de plomb, David Gilmour a répondu aux questions de Pop Music...
Jean - Noël COGHE _ Il y a deux ans, en France, on vous ignorait. Comment expliquez - vous ce soudain intérêt pour votre musique aujourd’hui ?
David Gilmour _ En Angleterre on avait de suite accepté notre musique. En ce qui concerne la France, je crois que c’est un problème de promotion, de publicité. Cet intérêt est certainement dû en partie à ce que nous avons écrit la musique de More, qui a connu le succès en France. Et puis il est normal que nous soyons plus populaires là où nous nous produisons régulièrement. Nos premiers shows en France ne remonte qu’à six mois je crois.
J-N.C. _ Musicalement, que vous a apporté la musique de More ?
D.G. _ Oh! Beaucoup de satisfaction. Ce fut un travail aisé rapide et instinctif. En huit jours nous avions écrit, composé et enregistré l’album.
J-N.C. _ Pourquoi le choix de Barbet Schroeder s’est - il porté sur le Pink Floyd ?
D.G. _ Je ne sais pas, je ne me souviens plus, je ne crois pas lui avoir jamais demandé.
J-N.C. _ Et Zabriskie Point ?
D.G. _ C’est très différent. Ce fut un travail très dur. Antonioni avait des exigences sur ce que devait être exactement la musique que nous composions. Il expliquait ce que nous devions faire, et nous devions nous plier à ses données. A chaque fois que nous écrivions un thème, nous lui soumettions. Si cela ne convenait pas nous recommencions. Cela a pris énormément de temps... Michelangelo Antonioni est un étrange personnage difficile à comprendre...
J-N.C. _ Que pensez-vous de l’emploi de plus en plus fréquent de la Pop Music dans le cinéma ?
D.G. _ La réalisation d’un film qui se veut d’actualité, qui donc se passe à notre époque, aujourd’hui, nécessite la musique d’aujourd’hui. La musique d’aujourd’hui, c’est la Pop Music...
J-N.C. _ Qu’est votre musique ? Elle est folk - wagnérienne dans ‘Ummagumma’, ‘Take up the stetoscope and walk’ est très différent de ‘Interstellar Overdrive’, qui l’est de ’More’ en général...
D.G. _ Notre musique ? Mais c’est tout cela à la fois. Ce que nous ressentons, nous l’écrivons !. Il est donc impossible de mettre une étiquette sur notre musique.
J-N.C. _ Quelle en est alors l’origine ?
D.G. _ C’est l’aboutissement de l’expérience acquise dans la vie, par quatre garçons qui on 25 ans...
J-N.C. _ Je vous ai vu sur scène, dans le cadre intimiste du théâtre 140 à Bruxelles, puis dans des Festivals comme Amougies, Rotterdam...Ce n’était pas le même show. Pourquoi ?
D.G. _ Nous n’aimons pas faire les mêmes choses dans des endroits différents. Et puis surtout cela dépend de la salle, du public. De la façon dont nous les ressentons.
J-N.C. _ Que ressentez-vous, ou plus exactement qu’exprimez vous en scène ?
D.G. _ Tout ce que nous avons à dire nous le disons en scène. En ce qui concerne notre musique je ne puis dire qu’une chose. Ecoutez la. Si vous ne la comprenez pas, alors réécoutez-la avec attention.
J-N.C._ Quels sont vos projets pour l’avenir ?
D.G. _ Mes projets ? Nos projets ? Je ne puis rien vous dire. Vous pourriez avoir des surprises. Il faut attendre que cela arrive...
J-N.C. _ Avez-vous un nouveau LP en préparation ?
D.G. _ Oui il sortira d’ici à deux mois, en septembre... Je n’ai pas de titre à vous donner...
J-N.C. _ On vous voit en France cet été ?
D.G. _
Oui, bien sûr. Nous serons dans le sud de la France pour trois semaines
de juillet à août, pour cinq Festivals.
S.o.F. © 2000